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Cyclotourisme et froid: les précautions essentielles

10 sept.
5 min de lecture

Dernière mise à jour : 12 sept.


Rouler en hiver peut être particulièrement agréable: routes plus calmes, lumière différente, air frais et paysages transformés. Mais à vélo, le froid présente une particularité: même lorsque la température semble supportable à l'arrêt, la vitesse augmente considérablement la sensation de froid. Pour profiter de sa sortie, il faut donc adapter ses vêtements, son allure et parfois son parcours.


La température affichée ne dit pas tout

À vélo, ce n'est pas seulement la température extérieure qui compte. Le vent et surtout la vitesse de déplacement augmentent les pertes de chaleur.

À 5°C, rouler à 25 km/h n'offre donc pas du tout les mêmes sensations que marcher à la même température.

L'humidité accentue encore le refroidissement. Une sortie à 7°C sous une pluie fine peut ainsi être beaucoup plus difficile à supporter qu'une sortie sèche à une température légèrement inférieure.

Avant de partir, regardez donc la température, mais également le vent, la pluie et l'évolution prévue au cours de la sortie.


S'habiller en plusieurs couches

Pour le haut du corps, le principe des trois couches reste particulièrement efficace.

La première couche, portée directement sur la peau, doit évacuer la transpiration.

La deuxième apporte l'isolation thermique.

La troisième protège du vent et éventuellement de la pluie.

L'objectif n'est pas d'empiler le maximum de vêtements. Un cycliste trop couvert transpire davantage. Une fois les vêtements humides, cette transpiration peut devenir un véritable problème lorsque l'intensité diminue.

Au départ, avoir légèrement frais pendant les premières minutes est généralement préférable à avoir déjà trop chaud avant même de pédaler.


Protéger les extrémités

Les mains, les pieds, les oreilles et la tête sont particulièrement exposés.

Des gants adaptés à la température sont indispensables. Les mains doivent rester suffisamment sensibles pour pouvoir freiner et changer les vitesses normalement.

Pour les pieds, des chaussettes adaptées et des couvre-chaussures permettent de limiter considérablement le refroidissement. Attention cependant à ne pas comprimer excessivement le pied avec des chaussettes trop épaisses dans une chaussure devenue trop serrée.

Un sous-casque fin ou un bandeau protégeant les oreilles peut également faire une grande différence.

Enfin, un tour de cou léger prend très peu de place et peut être facilement retiré si la température augmente.


Le piège des côtes et des descentes

C'est une situation typiquement cycliste.

Dans une montée, l'effort augmente, le corps produit davantage de chaleur et la transpiration peut devenir importante. On ouvre alors la veste ou on retire une couche.

Quelques minutes plus tard arrive la descente.

L'effort devient faible, la vitesse augmente et l'air refroidit brutalement le corps. Si le maillot est humide, la sensation de froid peut devenir très importante.

Avant une longue descente, pensez donc à refermer la veste et éventuellement remettre le coupe-vent avant de basculer, plutôt que d'attendre d'avoir froid.


Le coupe-vent: un allié précieux

Pour une sortie hivernale, un petit gilet ou une veste coupe-vent constitue probablement l'un des vêtements les plus utiles.

Il peut rester plié dans une poche pendant une grande partie de la sortie et être utilisé lors d'une descente, face à un vent froid ou lorsque la température baisse.

À vélo, se protéger du vent est souvent aussi important que se protéger de la température elle-même.


Adapter son allure au départ

Par temps froid, évitez de partir immédiatement à une allure élevée.

Les premières minutes permettent à l'organisme de monter progressivement en température. Commencez tranquillement, utilisez un braquet souple et augmentez progressivement l'intensité.

Après quinze ou vingt minutes, vous pourrez beaucoup mieux juger si votre tenue est adaptée.

Une fois échauffé, une sortie d'endurance peut parfaitement se dérouler normalement si les conditions restent raisonnables.


Il faut aussi boire quand il fait froid

La sensation de soif est souvent moins présente en hiver. Pourtant, l'organisme continue à perdre de l'eau par la transpiration et la respiration.

Il faut donc continuer à boire régulièrement, même si les quantités nécessaires sont généralement moins importantes que lors d'une sortie estivale.

Pour une sortie de plusieurs heures, ne partez pas avec l'idée que vous pourrez vous passer de boire simplement parce qu'il fait 5°C.


Et manger?

Le froid ne dispense évidemment pas de s'alimenter.

Pour une sortie tranquille de trois ou quatre heures, les principes restent ceux décrits dans notre article consacré à l'alimentation: manger régulièrement et ne pas attendre la fringale.

Il existe cependant un problème très pratique en hiver: certaines barres énergétiques deviennent extrêmement dures lorsqu'elles sont froides.

Une compote, une pâte de fruits, une banane ou des aliments qui restent faciles à mâcher peuvent alors être plus agréables.


Attention à la pluie

Le froid sec est généralement beaucoup plus facile à gérer que l'association froid + pluie + vent.

Des vêtements mouillés perdent une partie de leur capacité isolante et accélèrent le refroidissement.

Si une pluie importante est annoncée avec des températures basses, il peut être préférable de raccourcir la sortie ou de la reporter.

Emporter une veste imperméable légère constitue également une précaution utile lorsque la météo est incertaine.


Le verglas change complètement la situation

Le principal danger du froid à vélo n'est pas toujours physiologique.

Lorsque la température approche de 0°C, certaines portions de route peuvent être gelées alors que le reste de la chaussée paraît parfaitement sec.

Soyez particulièrement prudent sur les ponts, dans les zones ombragées, les sous-bois, les fonds de vallée et les endroits où de l'eau traverse ou ruisselle sur la chaussée.

Une plaque de verglas peut être pratiquement invisible.

Si les conditions présentent un risque réel de gel, reporter la sortie reste la solution la plus sûre.


Quels signes doivent alerter?

Frissonner légèrement lors d'un arrêt n'est pas forcément inquiétant. En revanche, des frissons importants et persistants, une maladresse inhabituelle, des difficultés à parler normalement, une confusion ou une somnolence peuvent annoncer une hypothermie.

Dans ce cas, il faut arrêter l'exposition au froid, rechercher rapidement un endroit abrité et chaud et remplacer si possible les vêtements mouillés.

Une confusion ou une altération importante de l'état de conscience constitue une situation potentiellement grave nécessitant d'appeler les secours.

En France, on peut appeler le 15 ou le 112.


Et si les doigts ou les orteils deviennent insensibles?

Des doigts très froids ou des orteils engourdis sont un signal à prendre en compte.

Il ne faut pas considérer qu'il est normal de terminer systématiquement une sortie hivernale avec les pieds ou les mains complètement insensibles.

Cela signifie généralement que la protection contre le froid est insuffisante, que les chaussures ou les gants sont trop serrés ou tout simplement que les conditions deviennent inadaptées à la tenue utilisée.


Le principe à retenir

Rouler lorsqu'il fait froid ne pose généralement aucun problème si l'on est correctement équipé et que les conditions routières restent sûres.

S'habiller en plusieurs couches, protéger les extrémités, éviter de trop transpirer, se couvrir avant les descentes, continuer à boire et rester particulièrement vigilant lorsque la chaussée risque de geler.

Et lorsqu'il faut choisir entre une couche supplémentaire et un vêtement que l'on pourra facilement enlever, la seconde solution est souvent préférable.

À vélo en hiver, le meilleur équipement est celui qui permet de s'adapter au fur et à mesure que la température et l'intensité de l'effort évoluent.


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