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Trouver la bonne allure en cyclotourisme

10 sept.
4 min de lecture

Dernière mise à jour : 12 sept.


Une sortie cyclotouriste n'est pas une course. Pourtant, une erreur très fréquente consiste à partir trop vite, porté par l'enthousiasme du départ ou par le rythme du groupe. Après deux ou trois heures, les jambes deviennent lourdes et les derniers kilomètres semblent interminables. Trouver la bonne allure, c'est avant tout apprendre à économiser son énergie pour profiter de toute la sortie.


Le piège du départ trop rapide

Les premières minutes sont souvent trompeuses. Les jambes sont fraîches, les réserves d'énergie sont pleines et l'allure paraît facile.

C'est précisément à ce moment qu'il faut savoir se retenir.

Sur une sortie de trois ou quatre heures, les vingt ou trente premières minutes devraient être parmi les plus faciles. Elles permettent à l'organisme de monter progressivement en température et au rythme cardiaque de se stabiliser.

Si vous avez déjà l'impression de fournir un véritable effort après quelques kilomètres, il y a de fortes chances que vous soyez parti trop vite.


La bonne allure: pouvoir parler

Sans capteur de puissance ni cardiofréquencemètre, il existe un indicateur remarquablement simple: la conversation.

À une allure d'endurance tranquille, vous devez pouvoir discuter avec votre voisin en faisant des phrases complètes sans être constamment à bout de souffle.

Si vous ne pouvez répondre que par quelques mots entre deux respirations, l'intensité est probablement devenue trop élevée pour être maintenue confortablement pendant plusieurs heures.

Cela ne signifie pas qu'il faut rouler toute la sortie sans jamais faire d'effort. Une côte ou une accélération peuvent naturellement faire monter momentanément l'intensité.

C'est l'allure générale de la sortie qui doit rester confortable.


Ne vous fiez pas uniquement à la vitesse

Dire "je roule à 25 km/h" ne renseigne finalement pas beaucoup sur l'effort fourni.

À vélo, la vitesse dépend du vent, du relief, de la qualité du revêtement, de la position sur le vélo et du fait de rouler seul ou dans un groupe.

Avec un vent favorable, 30 km/h peuvent être relativement faciles. Face au vent, 22 km/h peuvent demander beaucoup plus d'énergie.

Il vaut donc mieux raisonner en niveau d'effort qu'en vitesse moyenne.


Dans les côtes, accepter de ralentir

Une côte est probablement l'endroit où l'on dépense le plus facilement trop d'énergie.

Lorsque la pente augmente, il faut accepter de voir la vitesse diminuer. Utilisez un braquet suffisamment petit et cherchez une cadence confortable plutôt que de vouloir conserver la vitesse que vous aviez sur le plat.

Sur une sortie cyclotouriste, il vaut généralement mieux monter une côte légèrement en dessous de ses possibilités que quelques kilomètres à l'heure plus vite au prix d'un effort important.

Une succession de petites côtes montées trop rapidement peut finir par coûter beaucoup d'énergie.

La bonne montée est celle dont on récupère rapidement une fois arrivé en haut.


Attention aux petites accélérations

Les efforts les plus coûteux ne sont pas toujours les longues côtes.

Relancer fortement après chaque rond-point, combler rapidement un trou de quelques dizaines de mètres ou accélérer systématiquement pour rejoindre le groupe multiplie les efforts courts et intenses.

Pris séparément, ils paraissent anodins. Répétés pendant trois ou quatre heures, ils peuvent contribuer fortement à la fatigue.

Lorsque c'est possible, mieux vaut anticiper et rouler régulièrement.


Rouler en groupe change la perception de l'effort

Dans un groupe, l'aspiration permet de dépenser sensiblement moins d'énergie lorsqu'on roule derrière d'autres cyclistes.

Mais elle peut aussi inciter à suivre une allure qui n'est pas la sienne.

Si vous devez régulièrement forcer pour rester dans les roues, chaque petite côte ou chaque relance devient progressivement plus difficile. À l'inverse, un groupe qui adapte son allure permet à chacun de profiter beaucoup plus longtemps de la sortie.

En cyclotourisme, le groupe doit rester un avantage et non devenir une contrainte permanente.


Pensez au retour dès l'aller

Un bon moyen de savoir si l'allure est correcte consiste à se poser une question simple après la première heure: "est-ce que je pourrais continuer comme cela encore deux ou trois heures?"

Si la réponse est clairement non, ralentissez.

C'est particulièrement important lorsque le retour comporte des côtes ou lorsque le vent risque d'être défavorable.

Il est beaucoup plus agréable de terminer une sortie avec encore un peu d'énergie que de parcourir les vingt derniers kilomètres en attendant impatiemment l'arrivée.


Cardio et puissance: des aides, pas des obligations

Un cardiofréquencemètre ou un capteur de puissance permettent d'affiner la gestion de l'effort, mais ils ne sont absolument pas indispensables au cyclotourisme.

Pour une sortie tranquille, la respiration, les sensations et la capacité à parler donnent déjà d'excellentes indications.

Les données du compteur peuvent surtout servir à confirmer les sensations et à apprendre progressivement à mieux connaître son propre rythme.


Une règle très simple

Pour une sortie de plusieurs heures, essayez de respecter trois principes: partez doucement, montez les côtes sans vous mettre dans le rouge et gardez toujours l'impression que vous pourriez encore accélérer si cela devenait nécessaire.

Si les derniers kilomètres sont aussi agréables que les premiers, l'allure était probablement la bonne.

C'est finalement l'une des différences essentielles entre simplement rouler vite et pratiquer le cyclotourisme: l'objectif n'est pas d'arriver le plus rapidement possible, mais d'avoir envie de continuer à rouler.


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